Le Séducteur ~ Jan Kjaerstad

le-seducteur-de-jan-kjaerstad-1108147753_L

Le Séducteur de Jan Kjaerstad39242_kjaerstadjan17catolein est un très beau livre qui m’a ému tout au long de la
lecture. A travers une écriture plutôt déstructurée et simple, l’auteur réussit à nous faire entrer dans son monde. Mais à une seule condition, celle qui nous demande d’être ouvert d’esprit ou d’avoir la même logique que l’auteur. En effet, celui-ci nous conte l’histoire d’un homme, Jonas Wergeland, sauf qu’au lieu de l’avoir de manière chronologique de la naissance à la mort Jan Kjaerstad fait un pari ambitieux et osé de nous raconter sa vie grâce à un événement fil conducteur qui donne des flashbacks au narrateur. On peut ainsi se retrouver avec des flashbacks dans des flashbacks.

Le titre n’a malheureusement rien à voir avec le contenu. Enfin, presque. Que se passe-t-il ? Vous voulez savoir le lien entre le titre et le contenu ? Et bien c’est très simple dès les premiers chapitres, on définit Jonas Wergeland comme un Séducteur car il est très beau, et a une verve incroyable. Il est connu essentiellement pour cela.

Je sais que cette histoire est fictive, cependant l’auteur m’a fait penser à ce que Ryu Murakami avait fait dans son ouvrage 1969 (dont la chronique se situe ici). A travers une histoire d’un homme «lambda» avec juste une qualité de séducteur Jan Kjaerstad nous retrace une partie de l’histoire norvégienne à travers ses grands personnages, ses grands artistes. Tout du long de ma lecture, je spéculais sur le titre et j’ai trouvé que ce qui se rapprochait le mieux de la sensation que j’ai pu avoir durant celle-ci fut que Jan Kjaerstad avait appelé son ouvrage Le Séducteur puisqu’à travers l’histoire de Jonas, il nous séduisait par des descriptions de la Norvège et de son patrimoine.

Je ne vous cache pas que c’est un livre plutôt conséquent, mais pour bien le lire et le comprendre il nous faut du temps mais aussi se concentrer énormément. Mise à part ce petit bémol pour le commun des mortels, ce livre est un véritable coup de coeur car plus on le lit lentement mieux on comprend l’histoire et la philosophie de vie qui se dégage de l’oeuvre mais même si on le lit rapidement on arrive à attraper des bribes de la philosophie qui nous permettent de plus se poser par la suite voire de changer notre quotidien.

page_1Après, les émotions les plus présentes lors de la lecture furent le stress et l’émerveillement avec de la joie aussi. Jan Kjaerstad m’a permis de découvrir une partie du monde que je ne soupçonnais pas d’être aussi intéressante dans sa façon d’être et ses artistes. Le stress fut provoqué par les chapitres les plus horribles qui soient, ceux qui se finissaient juste avant un flashback. Ces chapitres nous tiennent en haleine de part une écriture avec des descriptions très omniprésentes mais courtes et utiles à la compréhension, mais aussi le fait de se retrouver dans les pensées du protagoniste donc aucune période de blanc, toujours dans l’action voire la peur ou le stress.
Dans ce petit bijou de la littérature, chaque petit détail aussi infime soit-il a une importance, il nous réapprend à lire à la fois ce qu’il voulait dire mais aussi ce qui est suggéré. Franchement, je ne peux que remercier le libraire de Myriagone pour m’avoir conseillé ce livre qui est tout simplement MAGNIFIQUE.

De la magie émane de cet ouvrage tellement il a réussi à m’absorber à chaque fois que je lisais, je ne voulais pas quitter ce personnage… J’attends les deux autres tomes de la trilogie avec impatience.

J’espère juste que la couverture sera aussi sublime que pour le premier tome.

Mes citations :

Être soi-même, c’était justement accepter d’être multiple et que notre noyau soit constitué de cette somme d’identités.
La plus grande liberté, celle qui distingue l’être humain de toutes les autres espèces, c’est précisément de pouvoir à tout moment se réinventer en exploitant chaque possibilité qui nous est offerte.

 

Que représentait l’imagination pour Jonas Wergeland ? Elle était le premier maillon de l’éthique. Pour lui, il était évident qu’une imagination en berne affaiblissait l’être humain. Après tout, à quoi servait-il de choisir la liberté et l’égalité quand on n’était pas en mesure d’imaginer où et comment les appliquer ?

 

Et vous, l’avez-vous lu ?

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s